Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Histoire Anecdotes du Pays de Sainte Hermine
  • : Petites histoires et faits divers que vous ne trouverez pas toujours dans vos livres d'histoires ...
  • Contact

Profil

  • Charles Antoine Verly
  • Retraité vivant à Saint Hilaire du Bois, je suis toujours prêt à diffuser des informations concernant la région de Sainte Hermine en Vendée.
  • Retraité vivant à Saint Hilaire du Bois, je suis toujours prêt à diffuser des informations concernant la région de Sainte Hermine en Vendée.

Recherche

19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 10:07

La Réorthe

 

            Petite commune du canton de Sainte-Hermine, dont la Préhistoire est bien maigre et qui n’a guère que 2.300 ares. Elle est voisine de Chantonnay et entourée par de nombreuses autres du même canton. Elle est aux confins du Bocage et de la Plaine.

            Le terrain est un peu accidenté. Il y a un réel Bocage à l’Est et au Nord-Est, et un peu partout des bois-taillis, surtout sur les bords du Lay, qui forme la limite occidentale.

            Mais une partie est en plaine, du côté du Sud. À l’Est et au Sud-Est, c’est encore un ruisseau qui forme la limite.

            Son altitude descend du Nord au Sud de 90 m. à 55 m. !

*

*    *

         Le sous-sol est constitué, au Nord et au niveau du bourg, par les terrains anciens, des schiste primitifs ([1]), bordés au Nord par une lentille de micaschistes, très allongée Est-Ouest et parallèle à la faille du Houiller. C’est la partie Bocage.

            Les schistes sont coupés au Nord, de l’Est à l’Ouest, également, par un très long filon de quartz blanc, peu épais, qui forme muraille, et suffit à explique les mégalithes disparus de la contrée. Il va de l’Assemblée-des-deux-Lay vers Villeneuve de Saint-Martin-Lars et son ruisseau. Il est au Sud de La Leue.

            La partie calcaire est du Lias Inférieur, appliqué sur les terrain anciens, avec inclinaison vers le Sud.

*

*    *

            Des trouvailles de silex paléolithiques ont été faites à la Réorthe, grâce aux patientes recherches d’un géologue du voisinage, M. Rousseau (de Sainte-Hermine).

            En effet, il a découvert un grattoir d’époque moustérienne, dans le bois  de Laugressis (collection P. M. B., n°34). Cette pièce est très importante, car elle est caractéristique. Il est probable qu’on fera, dans ce quarter, d’autres trouvailles analogues, vu le voisinage de fleuve et l’altitude.

            En effet, dans le même bois, le même chercheur a ramassé une lame de silex, épaisse d’époque néolithique (collection P. M. B., n°93). On en découvrira certainement d’autres, en cherchant avec soin ([2]).

            D’ailleurs, des haches polies ont été signalées autrefois, pour cette paroisse, par Baudry (1872). L’une d’elles, en silex, est dans la collection Ballereau, au Musée Dobrée, à Nantes. (Parenteau, 1875).

            L’abbé Baudry a écrit (Dict. arch. p. 410) : « On le trouve, au sommet de quelques plateaux, sur la rive gauche du Lay. »

            Mais on ne connaît aucun silex du Grand Pressigny ; aucune hache percée ; aucune hache à bouton !

*

*    *

            Il ne persiste aucun monument mégalithique. Mais il y a un certain nombre de lieux-dits, qui en rappellent indiscutablement l’existence, quoique toutes ces grosses pierre aient désormais disparu.

            La Pée (pierre, en patois) pointue, correspond à un menhir, vu jadis debout encore.

            De même Les Garnes étaient des menhirs tombés, quand on les a ainsi dénommées : il y en avait, sans doute, deux ou trois, en ce point situé au Sud de Féole, sur la route de Bordeaux.

            Le Chaillou était un monument du même genre, probablement Quarts de filon.

            Il est très probable aussi que, dans le Champ de la Bataille, il devait y avoir plusieurs pierres, sinon des sépultures (soldats pétro morphisés).

            La Folie peut avoir été un dolmen, tout aussi bien qu’un menhir. Il n’y a plus rien en cet endroit.

*

*    *

            Aucun vestige d’objet en Cuivre, en Bronze, ou en Fer préhistorique, à la Réorthe.

            Il existe une Motte, au Sud de la commune ; mais on ne sait à quoi, désormais, ce terme correspond exactement. Cette Motte doit être détruite, au demeurant.

            Le lieu-dit de beaucoup le caractéristique, sinon le plus ancien, de cette paroisse est Ingrandes. C’est là une dénomination qui revient souvent. On la trouve en France près de Tours, près de Candé, près d’Argenton, dans l’Ouest. Au centre et dans l’Est, on écrit Aiguirande, Eygurande, Ingraunes, etc. Pour le Bas-Poitou, on trouve : In nemore, Iguerando (Arch. Hist. du Poi., I, p.57).

            C’est certainement là un terme vieux gaulois, dérivé d’Ewiranda, qui signifie limite, le fines latin. Le radical Rand se retrouve en Irlandais ; en breton, on a raun (partie) ; Rand en allemand ; Randa en Catalan, etc. D’ailleurs, on trouve Ingrana, Ingrannia, etc., voire même Igoranda. 

            Il y a bien, dans ce mot, l’idée de « frontière » ; mais, comme dans celui d’Ingresserie (Ingressus), il faut y voir aussi le sens : « endroit où l’on passe cette frontière » ; où l’on entre dans le pays voisin (Ingradere).

            Il est probable qu’à l’époque gauloise il y eut, à Ingrandes, sinon une petite ville, du moins une certain enceinte, ayant joué le rôle de fortification, peut-être à caractère religieux (Bois). Le lieu se trouve sur un petit affluent du Lay, à 2 km. du fleuve. L’Ingresserie est sur le Lay même, un peu plus au Sud. Mais il est probable que la route et le gué se trouvaient  St-Pierre, dans la commune de St-Vincent, sur la rive opposée du fleuve. 

            De nombreux auteurs se sont occupés de cet endroit curieux (Ragon. B. S. A. O., 1877-9, p.93 ; Rev. arch., 1893 ; Bull. de la Diana, t. VI, etc). Sur la carte spéciale, B. Fillon a d’ailleurs indiqué un camp à l’Ingresserie à la limite Sud de la commune. Il devait y avoir là, jadis, à la frontière constituée par le Lay, un centre de civilisation spécial et important.

            Il existe d’autres points, remontant certainement au Gaulois, dans cette région. Mais ils sont assez difficiles  à reconnaître. Il est probable, en effet, que les villages dont nous parlerons plus loin, remontent à cette époque. Mais, pour l’instant, cela est impossible à prouver, comme pour La Forêt.

*

*    *

            D’ailleurs, on ne signale, chose bizarre, aucune trouvaille gallo-romaine, quoiqu’une voie très importante traversait la commune, comme l’a bien signalé R. Valette. On y connaît, en effet, des points appelés : La Citadelle, Le Fort du Lay, Le Plessis, L’Hopitault, près d’Ingrandes. Dans le lit du Lay, au dessous de la ferme de St-Vincent, on voit les piles d’un pont très ancien, à 150 mètres du pont actuel.  Non loin de là est La Grande Croisée. Près de la grand’route (St-Malo à Bordeaux), on a trouvé dans le fossé, le pavé de l’ancienne voie romaine ! Cette trouvaille est très probante.

*

*    *

            Au début du Moyen-Âge, des prieurés furent installés au bourg et à Libaud, village situé près du Lay.

            Celui de Notre-Dame de La Réorthe, d’origine très ancienne, dépendait du chapitre de Luçon. Il était non loin de l’église, sans doute, au niveau de la cure.

            Le prieuré de Libaud qui est presqu’en Chantonnay, dépendait de l’abbaye de la Gracisetière. M. de la Boutetière en a publié le Cartulaire. Il n’y a aucun reste de la présence des moines et du couvent de femmes de l’ordre de Fontevrault, dont parle d’Aillery. Mais on y voyait encore, il y a quelques années, la chapelle. Le nom de l’Abbaye persiste encore et correspond à la maison du fermier. On y a trouvé un trésor de monnaies (Louis XIII, R. OS. P., 19156 p.86).

            Le bois qui descend jusqu’au Lay, s’appelle toujours le Bois de l’Abbé. Impossible de dire s’il y a eu là un Lucus ; mais c’est bien probable, car le préveil qui s’y tient, a lieu à l’équinoxe d’automne.

 *

*    *

            D’après R. Valette, l’église est très moderne ; mais elle en a remplacé une plus ancienne.

            Mais, en construisant la route qui passe au pied de l’édifice, on a trouvé des sépultures avec des vases en terre remplis de charbons, qui indiquent l’époque carolingienne la plus tardive.

            On a signalé un souterrain, sous l’église, s’en allant vers la cure. Il est désormais obstrué et on n’est pas très renseigné à son sujet. S’il existe réellement, il indique qu’il y a eu, autrefois, une fortification quelconque (P. et M. P. ; Valette, collection de Sainte-Hermine).

            Chose étonnante, on n’en connaît pas d’autres sur les bords du Lay, en particulier, malgré les divers châteaux signalés dans la région.

*

*    *

            Un village est fort ancien : c’est celui de Féole, qui fait penser  la chapelle de Féolette, mais assez éloignée d’ailleurs. Le Préveil de Féole correspond à l’équinoxe de printemps. Il est l’un des points les plus célèbres du Folklore vendéen, car c’est là qu’on fabrique surtout les Echaudés, ces gâteaux très secs, si caractéristiques de la plaine luçonnaise, et dont la forme rappelle la galette cultuelle, d’origine certainement préhistorique, symbole de l’équinoxe de printemps. 

            On sait que le peuple a toujours comparés les Echaudés aux disques des vieilles armoires vendéennes Louis XIII, de style géométrique, sculpture qui est absolument spéciale ; quoiqu’on en ait dit, au Bas-Poitou, comme je l’ai prouvé dans mon ouvrage sur les Armoires à Gâteaux.

            En réalité, Féole, avec le petit Féole et surtout le château de l’Aubraie, est un centre plus important que le bourg, et vu sa situation, sur la grande route de Chantonnay à Sainte-Hermine, c’est lui qui aurait dû être choisi comme chef-lieu à la Révolution ! L’Aubraye, curieuse demeure du XVIe siècle, entourée de douves profondes, aux murs crénelés, aux fenêtres toujours armées des grillons antiques, présente, sur sa porte principale, ces deux vers :

Ad altiara contendimus omnes

Vivet ad extremum.

            C’est le château patrimonial de la famille Clemenceau. D’autres châteaux sont important : ceux de Châteauroux, de Maufray, de la Beaudière, mais en apparence purement d’époque  historique (collection R. Valette, Le cant. de Ste-Hermine).

            Un autre lieu-dit est fort curieux ; c’est celui de La Casserole, sur  la route se Saint-Malo (Chantonnay) à Bordeaux !  il tire son nom du petit ruisseau qui y passe. On a été longtemps avant de lui trouver une explication. Voici celle qui est la plus logique. Jadis, au Moyen-âge, en certaines régions de France, on appelait Casserole la constellation de la Grande-Ourse, par analogie de forme. Il a dû, par suite y avoir sur les bords de ce ruisseau une Pierre à Cupules, représentant cette constellation, fait fréquent en préhistoire (Bretagne, Mayenne, etc., etc.). Cette pierre, d’ailleurs, n’est peut-être pas détruite ; il faudrait la rechercher.

*

*    *

         On a publié (Terre Vend., 1906, p.117) l’étymologie de La Réorthe. L’auteur prétend qu’en patois on dit  Riorthe, et non Réorthe; et il fait dériver ce terme de Rivum, ruisseau, et otum, lieu de naissance (Orior). Les deux radicaux accolés Rio et orta, ou Reo-orta des chartes du XIVe siècle, ont donné par crase Riorta, Réorta, qui, dès lors, signifie : « Lieu de naissance des sources », « Mont aux sources ».

            S’il en était ainsi, il faudrait voir encore, à l’origine de l’agglomération du bourg, une source sacrée gallo-romaine !  La chose, vraiment n’a rien d’impossible, d’autant plus qu’à côté du bourg se trouvent les lieux-dits  La Bouillé (collection Bouillac, de Bul, eau bouillante) et Poële-Feu, sur le bord du Lay, qui est assez bizarre.

            Mas il ne faut pas oublier non plus que le mot patois Riorte, lien de bois menu, tordu pour attacher un fagot existe réellement.

            En ce qui me concerne, je ne saurais hésiter dans le choix de la solution à préférer, car toujours ou presque, les noms de lieux sont en relation avec des accidents de terrain, des phénomènes géologiques, ou bien des œuvres humains, qui n’ont rien à voir avec des fagots de bois !

*

*    *

            La paroisse, en tout cas, apparaît dès 1159 (Gal. Christ., t. II) sous la forme Reorta, devenue Retorta en 1197 (Arch. de Vendée), et non pas seulement au XIVe siècle, comme l’a cru l’auteur cité ci-dessus.

            Dans le Grand-Gautier, on trouve, d’ailleurs, Rootha, La Réorte est récente, et La Rorte (terme patois  du lien en bois) ne se montre qu’en 1417 (Aven., Arch.Vienne), sans doute par analogie d’assonnance.

                                                           Marcel BAUDOUIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] - Je possède (collection Pr. N°505 ) un noyau extrait de ces schistes et rendu libre par les intempéries, qui pourrait faire songer à un outil préhistorique. Ce n’est qu’un pur accident géologique. Mais rien ne prouve que cet objet n’ait pas été utilisé par l’homme préhistorique, car il est bien patiné ; et son détachement n’est pas récent. C’est une belle pierre de jet, toute faite !...

[2] - En réalité, ce que M. Rousseau appelle Langressis, c’est tout simplement l’Ingresserie (ou Ingressière), ont  nous parlerons plus loin, et là où B. Fillon a signal un camp, qui pourrait bien remonter au néolithique, en réalité.

Charles Antoine Verly - dans Relevé d'archives
commenter cet article
3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 18:06

En août 1962, Le peinte herminois Jean Bouron, qui venait souvent avec sa vieille 2CV nous rendre visite dans notre maison du Magny à Sainte-Hermine, signala la découverte de sarcophages à Thiré. aussitôt, adolescent curieux, je me rendis sur place pour voir de quoi il retournait.

Là un spectacle désolant m'attendais. Des morceaux de sarcophages de part et d'autre de la tranchée d'une entrée de cave creusée récemment. A l'extrémité de la tranchée un grand sarcophage venait d'être cassé à coup de barre à mine et à l'aide d'une pince à feu les ossements avaient été retirés un à un par le "découvreur". En retirant en premier la tête, celle-ci avait littéralement explosée entre les mains du profanateur. J'arrivais juste à la fin de l'opération et n'ayant rien trouvé de précieux dans le tombeau il me dit généreusement "si les os t'intéressent, tu peux les prendre".

Par la suite je prévins André Bujeaud dont je connaissais l'expérience d'archéologue. Nous avons recueillis les dernières ossements dans le grand sarcophage (N° 1 sur le plan ci dessous) et préservé au mieux l'ensemble du squelette au grand désespoir de ma mère qui soupçonnait de se trouver en présence de restes de pestiférés ! Le sarcophage lui même ne pouvait être retiré de son emplacement et du reste, il aurait été trop lourd pour être déplacé avec nos propres moyens.

En revanche au début de la descente de cave un petit sarcophage (N° 10 sur le plan ci-dessous) a pu être dégagé et transporté dans le Peugeot familiale de mon père.

André Bujeaud a fait une description détaillée de l'ensemble du site et publié un article dans la revue de la Société d'Emulation de la Vendée. (Année 1964 pages 65 à 68) sous le titre :

Découverte fortuite de sarcophages à Thiré (canton de Sainte-Hermine) au lieu-dit «le Beugnon» parcelle cadastrale n° 88 (1)


Au cours de l'automne 1961, M. MENANTEAU, exploitant à Thiré, désirant faciliter l'accès de sa cave afin d'y faire pénétrer des fûts de grande taille, décida d'établir une entrée par l'extérieur.

Il creusa une tranchée en plan incliné au long de sa maison ; la largeur de cette tranchée était de 1,50 mètres environ.

A la profondeur de 0,90 m., il rencontra de grosses pierres, difficiles il déplacer, qu'il brisa. Il s'agissait en fait (le dalles formant les couvercles de sarcophages, puis des sarcophages eux-mêmes ; des ossements furent mis au jour·.

La parcelle 88 sur le plan cadastral

La parcelle 88 sur le plan cadastral

Ce travail de terrassement se poursuivit ainsi en profondeur; certains sarcophages furent totalement cassés en morceaux ; d'autres furent littéralement sectionnés par la tranchée, c'est à dire qu'une partie d'un même sarcophage resta en place sur le côté de la tranchée, tandis que l'autre était détruite par les ouvriers.

Les ossements brisés furent laissés dans les débris ; certains, intacts, furent ramassés par des amateurs; un crâne fut recueilli par un instituteur, et se trouve maintenant il l'école laïque de Sainte-Hermine.

A la fin de l'été 1962, nous avons été avertis de cette découverte ; nous nous sommes rendus sur place et avons décidé d'établir un plan des sarcophages ainsi mis à jour, puis de dégager une sépulture que les ouvriers commençaient à détruire. Malheureusement, celle que nous avons fouillée (n° 10), avait été pillée et de rares ossements gisaient pèle-mêle; la taille du sarcophage laisse supposer qu'il avait contenu un enfant.

Le nombre des sarcophages révélés par cette tranchée se monte il onze; d'autres, antérieurement à notre intervention, avaient été complètement détruits et leur emplacement n'était plus visible.

En visitant la cave de M. MENANTEAU, nous avons remarqué deux angles de sarcophages qui émergeaient du mur.

Parmi les sarcophages encore visibles, certains sont constitués d'un calcaire assez grossier, tendre, friable de couleur ocre ; d'autres, de calcaire il grain fin, blanc (cette pierre doit provenir de Brillouet, village qui se trouve à trois kilomètres de Thiré), de taille très soignée et de parois assez fines (3 à 4 cm.).

Ces «auges» sont toutes monolithiques, de forme trapézoïdale ; certaines, les plus tardives, comportent un rétrécissement pour la tête. La plupart de ces auges sont
surmontées de deux ou trois pierres formant un couvercle, dont la face extérieure est tantôt bombée, tantôt à pans i
nclinés.

Ces sarcophages sont orientés : la tête au Nord-Ouest, à l'exception de l'un, au Sud-Ouest (n° 1).

Le plan des fouilles dressé par André Bujeaud

Le plan des fouilles dressé par André Bujeaud

Ils semblent correspondre il ceux généralement trouvés en Poitou et particulièrement en Vendée, et dont la description figure dans GALLIA, 1954 (fascicule 1, pages 191-193).

L'absence de mobilier ne permet pas de précision quant il la datation ; celle-ci se situerait, semble-t-il, entre l'époque mérovingienne et la période romane.

Nous signalons qu'un fragment de sarcophage est visible dans un des contreforts de l'église de Thiré, édifice situé il moins de quarante mètres de la cave de M. MENANTEAU.

La présence de cette nécropole avait déjà été signalée :

- Benjamin Fillon écrit dans «Poitou et Vendée» (1887) qu' «aux alentours de cette église, on trouve une grande quantité de tombes en pierre, dont quelques-unes renferment des vases en verre et d'autres en terre, remplis de charbon ».

- En 1953, des travaux importants furent effectués dans le village de Thiré, en vue d'installer des canalisations d'adduction d'eau. Les engins mécaniques auraient dégagé de très nombreux sarcophages contenant des squelettes d'enfants.

Il est regrettable que les services des. travaux et l'administration municipale ne se soient pas préoccupés de ces découvertes, car tous ces sarcophages furent détruits.

Des renseignements précieux sur l'histoire de Thiré ont été ainsi irrémédiablement perdus par simple négligence des personnes ayant assisté à ces découvertes. (2)

Notre intervention n'a pu être que de courte durée : et quand nous sommes retournés par la suite à Thiré nous avons pu constater que l'achèvement des travaux de l'entrée de la cave avait complètement effacé les traces de cette découverte.

A. BUJEAUD.

(1) Nous avons établi un rapport détaillé sur cette découverte, qui a été envoyé à M, Eygun, directeur de la circonscription des Antiquités Historiques de Poitiers, Ce rapport lui a permis d'écrire un court article paru dans GALLIA, 1963,

(2) Pour prévenir de semblables destructions, dans des cas similaires, nous conseillons à nos lecteurs d'alerter :

- soit la municipalité,

- soit la préfecture,

- ou encore mieux, le directeur de la circonscription des Antiquités Préhistoriques ou Historiques, selon le cas) :

Préhistoriques : M. Giot, Faculté des Sciences, 2, rue du Thabor, Rennes. ( Ille-et-Vilaine) Historiques : M. Bousquet, Faculté des Lettres, place Hoche, Rennes (Ille-et-Vilaine) .

A Thiré en 1962

A Thiré en 1962

Pour terminer une photo prise à Thiré : de gauche à Droite : Charles-Antoine Verly, puis, dans l'ombre André Bujeaud, assis sur le sarcophage, Michel Marion puis Jean Marion, madame Bujeaud et Mlle Menanteau.

Le sarcophage N° 10 rescapé devrait retourner sur Place. A condition que la municipalité le souhaite mais aussi qu'elle lui trouve un emplacement à l'abris de la pluie et du gel. Pourquoi pas sous le balais de l'église ?

Charles Antoine Verly - dans Thiré
commenter cet article
23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 12:05

La seconde partie du texte d'André Bujeaud est consacré à l'analyse du mobilier découvert durant les différentes campagnes de fouilles.

Les céramiques

Les verreries

Les objets en métal

Les autres objets

Les coquilles

et enfin les graffitis.

Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Les fouilles de l'Anglée dans les années 60 (suite)
Charles Antoine Verly
commenter cet article
22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 19:26
Les fouilles récentes réalisées à l'Anglée sur la commune de Sainte-Hermine (voir le blog http://epeb.over-blog.com ) me donne l'occasion de mettre en ligne le rapport rédigé par André Bujeaud à de suite des fouilles très complètes qu'il avait conduites, pratiquement seul, au début des années 1960.
Ce rapport a déjà été publié dans diverses revues, en particulier dans la Revue du Bas Poitou, mais à ma connaissance il n'est pas disponible sur le net.
Il m'a été transmis par André Bujeaud lui-même. Que cette mise en ligne soit l'occasion de porter un témoignage sur la qualité et le sérieux de ses travaux.
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Les fouilles de l'Anglée dans les années '60
Charles Antoine Verly
commenter cet article
22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 08:32

FOUILLES DU TUMULUS

 

En 1970, une entreprise de travaux publics, transporta les tiers du Tumulus (propriété de Madame Marie EMARD) sur l’emplacement de l’ancienne gare de Pareds pour l’aménagement du terrain de football, ce qui a eu pour conséquence de modifier sensiblement le site archéologique.

 

En 1975, en accord avec la propriétaire, des jeunes avaient entrepris des fouilles, mais ils ont été stoppés dans leur enthousiasme.

 

Voici une correspondance de Monsieur le Directeur des Antiquités Préhistoriques des Pays de Loire à Monsieur BOUSQUET, Directeur des Antiquités Historiques des Pays de Loire, nous donnant un point de vue sur le Tumulus :

 

«  J’ai l’honneur de vous faire savoir que des fouilles non autorisées ont été pratiquées par des jeunes gens de La Jaudonnière dans une «  Motte Féodale «  située dans le bourg même, près de la Cure.

Une tranchée de 3 mètres de profondeur sur 5 mètres de long et 1 mètre de large a été  creusée. Des tessons d’allure médiévale ont été récupérés.

L’information m’avait été  communiquée par la Préfecture de Vendée sous la forme de « fouilles d’un tumulus ». Comme il existe à proximité plusieurs sites mégalithiques, j’avais pensé qu’il pouvait s’agir d’un nouveau monument préhistorique. Il n’en est rien. J’ai tout de même fait arrêter les travaux, mais la décision finale vous appartient… « 

Signé : J. L’HELGOUACH

CE TEXTE A ETE PUBLIE DANS LE BULLETIN PAROISSIAL DE LA JAUDONNIERE AU COURS DE L’ANNEE 1965 PAR L’ABBE BENOIT ROBIN, CURE, SOUS LE TITRE "APPRENONS A CONNAITRE NOTRE PAYS"

  (Fin ...) 

Charles Antoine Verly - dans Relevé d'archives
commenter cet article
15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 08:30

 

CURES DE L’EGLISE PAROISSIALE DE SAINTE MARIE MADELEINE

DE LA JAUDONNIERE

 

1600 – 1612 Mathurin POIRON

1612 – 1656 Nicolas MOUILLE

1656 – 1701 Christophe GOURDON – démissionnaire en raison de son âge, inhumé à l’âge de 80 ans dans le chœur de la nouvelle église en 1703

1701 – 1702 Messire AUGER

1702 – 1719 André BERARD - inhumé dans l’église à 62 ans, le 11 septembre 1719

1719 – 1724 P. RAYE

1724 Messire GIRARD

1745 – 1747 Messire ESGONNIERE

1747 – 1748 Messire VRIGNAUD

1748 – 1773 Mathurin PARTON – le 17 octobre 1769, a béni le mariage du Marquis de la ROCHEJAQUELIN et de Demoiselle de CAUMONT, du Grand Mitteau, père et mère de Henri de la ROCHEJAQUELIN, héros des guerres de Vendée en 1793

1773 – 1774 COUTURIER

1774 – 1792 Messire HUBERT – né à Fontenay, vicaire de St Philbert du Pont Charrault – parti en Espagne en 1792, revenu en 1801, il trouve l’église et les ornements détruits, les biens vendus. Inhumé dans le cimetière au pied de la croix – très estimé de ses paroissiens.

1814 – 1828 pas de curé – la paroisse est administrée par les curés de Bazoges en Pareds et Saint Hilaire du Bois.

 

 

 

1828 1829 BARILEAU

1829 – 1834 BARANGER

1834 – 1835  HERVOUET

1835 – 1864 Jean-François SABOT – inhumé au cimetière de La Jaudonnière le 8 septembre 1864 – nous lui devons une partie des notes de ce fascicule «  Apprenons à connaître notre pays « 

1864 – 1870 Pierre EREAU

1870 – 1898 Henri BAUDRY – a bâti la cure actuelle – est mort après quelques heures d’une indisposition accidentelle dont il ne soupçonnait pas la gravité

1898 – 1904 Michel POIRAUD

1904 – 1927 Henri SAVIN – démissionnaire – inhumé dans le cimetière de La Jaudonnière le 8 décembre 1930

1927 – 1959 Eugène ROCHETEAU

1959 – 1970 Benoît ROBIN

 

 

CE TEXTE A ETE PUBLIE DANS LE BULLETIN PAROISSIAL DE LA JAUDONNIERE AU COURS DE L’ANNEE 1965 PAR L’ABBE BENOIT ROBIN, CURE, SOUS LE TITRE "APPRENONS A CONNAITRE NOTRE PAYS" 

(à suivre ...) 

 

 

Charles Antoine Verly - dans Relevé d'archives
commenter cet article
14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 08:29

 

ARCHIPRETRES DE L’EGLISE SAINT PIERRE DE PAREDS

 

1155 ou 1157 SEBRAND

1256   ETIENNE

1261   GAUFRED

1261 – 1271  MATTHIEU

1458 – 1461 NICOLAS II BOUTEAU – Vicaire général de son oncle, Monseigneur André de LA ROCHE, évêque de Luçon – le 14 Février 1461, il devient évêque de Luçon, succédant à son oncle, démissionnaire en sa faveur.

1461 – 1469 NICOLAS II BOUTEAU – évêque de Luçon, administre probablement son ancienne paroisse.

1469 Jacques RIGNET

1521 Guillaume de la COUSSAIS

1550 Jean LE BLANC

1639 Louis HILAIREAU

1672 Michel Antoine VINCENT

1677 René RAMPILLON

1706 Pierre de la LANDE

1714 DANICEAU

1716 Jean-Baptiste BOUHIER

1740 DE WERTHAMOIS

1770 Bechet de RIARGE

1791 De la PLATIERE

 

CE TEXTE A ETE PUBLIE DANS LE BULLETIN PAROISSIAL DE LA JAUDONNIERE AU COURS DE L’ANNEE 1965 PAR L’ABBE BENOIT ROBIN, CURE, SOUS LE TITRE "APPRENONS A CONNAITRE NOTRE PAYS" 

 (à suivre ...) 

 

Charles Antoine Verly - dans Relevé d'archives
commenter cet article
13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 08:25

 

QUELQUES PERSONNAGES DE LA JAUDONNIERE

 

Le Colonel Armand, Henri, Hercule Comte de CAUMONT DODE , condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire de Paris, exécuté le 23 juillet 1794, frère de Mademoiselle de CAUMONT DODE, mère de trois généraux de LA ROCHEJAQUELIN et de Mademoiselle Constance de LA ROCHEJAQUELIN, Marquise de Buerry, grand-mère maternelle des CHABOT du Parc Soubise, d’après Monsieur NEZIERES, député, académicien, dont la femme est la petite-fille du dit Comte de CAUMONT.

 

Jacques, fils de René de PUYROUSSET, écuyer, seigneur de la Brelézière, et de demoiselle Caterine ESNARD de La Jaudonnière, fut reçu diacre le 19 Décembre à Poitiers.  

Louis HABERT, curé de La Jaudonnière, fut exilé en Espagne en 1792. Il était né le 1738 le 8 octobre ; il revint en 1801 à La Jaudonnière où il fut enterré le 15 juin 1815.

(à suivre ...) 

Charles Antoine Verly - dans Relevé d'archives
commenter cet article
12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 08:21

ANCIENNES MAISONS NOBLES DE LA JAUDONNIERE

 

1 - la Simbrandière, ancien château habité en 1605 par la famille de GOION ou GOYON

2  -  la Boucherie, ancien château habité en 1602 par une famille de GRELLIER alliée à la famille de JANTET 

3 -  la Brelezière, ancien château habité dès 1650 par la famille de PUYROUSSET

4 - le Grand Mitteau, habité par la famille de CAUMONT alliée à :  

. la famille de SUZANNET,

. la famille de CHABOT,

. la famille de LA ROCHEJAQUELIN,

. la famille de LA BRETECHE.

5 – Beaulieu, ancien château habité par une famille de GRELLIER, de la même famille que celle du Fougeroux

6  -  la Forêtrie, ancien château où il y avait une chapelle domestique, habité par la famille de SUZANNET, alliée à la famille de CAUMONT. La Forêtrie et ses dépendances appartenait anciennement à la famille de SUZANNET DE LA CHARDIERE qui était seigneur de La Jaudonnière. Cette châtellenie avait droit au notariat ; elle avait aussi son tribunal et sa prison qui connaissait des délits correctionels, étaient composé d’un sénéchal juge, de deux assesseurs, d’un procureur fiscal et d’un greffier. Le local où ce tribunal tenait ses auditions s’appelait «  Le Parquet « . Ce petit édifice qui est contigu aux Halles a été vendu et converti en une maison d’habitation qui porte aujourd’hui ce nom de «  Parquet «.  

7 – la Dennerie, habitée par la famille de CHABOT, alliée à la famille de CAUMONT

8 – le Petit Mitteau, près de la cure ( maison BEZIAU actuelle ) habité pendant quelque temps par la famille de LA ROCHEJAQUELIN, alliée à la famille de CAUMONT, par le mariage du Marquis de LA ROCHEJAQUELIN avec une demoiselle de CAUMONT et père de Henri de LA ROCHEJAQUELIN qui se rendit si célèbre dans les guerres de Vendée et qui naquit au Petit Mitteau, ainsi que plusieurs de ses frères ( la maison appartient actuellement à Monsieur Philippe THIRE ). C’est à La Jaudonnière que fut célébré le mariage du Marquis de LA ROCHEJAQUELIN. L’acte de mariage, longtemps conservé dans les registres paroissiaux, est aujourd’hui aux Archives de La Roche Sur Yon.

9 – la Forêt, située au milieu du bourg, ancien château qui appartenait autrefois à la famille JOUSSEAUME DE LA BRETECHE mais on n’a pas connaissance que cette famille l’ait jamais habité

10 – la localité appelée aujourd’hui «  le Moulin Neuf «  sur les bords de l’Arkanson, était autrefois une maison bourgeoise ayant une métairie située un peu au dessus de la maison principale. Cette maison se nommait «  Le Coteau «  et était habitée en 1650 par les familles DAVID, seigneur du Vigneau, et HULIN, seigneur du Coteau. Il y avait là, autrefois, une tannerie.

CE TEXTE A ETE PUBLIE DANS LE BULLETIN PAROISSIAL DE LA JAUDONNIERE AU COURS DE L’ANNEE 1965 PAR L’ABBE BENOIT ROBIN, CURE, SOUS LE TITRE "APPRENONS A CONNAITRE NOTRE PAYS"

(à suivre ...) 

 

Charles Antoine Verly - dans Relevé d'archives
commenter cet article
11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 08:17

QUELQUES RENSEIGNEMENTS SUR LE PROTESTANTISME A LA JAUDONNIERE

Depuis le massacre de VASSY jusqu’à la Révocation de l’Edit de Nantes, La Jaudonnière compta dans son sein de nombreux protestants qui possédèrent un temple depuis 1562 jusqu’en 1665.

Cet édifice avait été élevé dans le jardin de La Grande Cour. Les DE SUZANNET DE LA FOREST, usant de leur droit de Haute Justice sur une partie du bourg de La Jaudonnière, y avaient établi le culte de la Réforme pour quelques années. Lorsque le 7 novembre 1665, les commissaires du roi se présentèrent pour démolir le temple, une opposition dont on ne tint pas compte du reste, fut notifiée par BOFINE et BOUET.

Malgré la grande influence du parti protestant à La Jaudonnière, il existait dans ce bourg en 1648 un prieuré  qui constituait d’une prébende de l’église de Luçon.

Procès-verbal qui concerne la visite et la démolition du temple de La Jaudonnière :

«  Le lendemain, 7 novembre 1665, nous sommes partis dudit Sainte-Hermine pour nous transporter au bourg de La Jaudouïnière, distant de trois lieues, pour la démolition du temple situé audit lieu, suivant ledit arrest et pour cet effet, nous sommes assistez de Jacques SUIRE, Jean FEVRE, René ROBIN, Hilaire CHARRON, demeurant audit Fontenay, Jean THOMAZEAU, Antoine LINAR, Jean BARDET, Benoît BESSIERE, tous massons et manœuvres, estant arrivez audit lieu environ heure de midi, avons mis pied à terre et nous sommes transportez sur un emplacement situé audit bourg, au dessus de la salle d’environ cinquante pas, est une vieille mazure qui fut autrefois le chasteau de La Jaudouïnière à environ quatre cent pas, et la maison de la Forestrie d’environ six cent pas, où nous avons remarqué les quatre fenestres transformées, fermées et massonnées que l’on nous a dit avoir esté fermées dès le matin, et avons remarqué sur la fenestre du temple qu’on avait oté quelques centaines de tuiles pour commencer la démolition. Etant rentrez dans ledit temple, avons aussi remarqué qu’il n’y avoit plus ni sièges ni chaire et avons aussi remarqué qu’il y avoit quelques pierres où l’on appuioit les sièges et que par derrière ledit temple estoit en son entier six piliers de bois qui…

et ledit Procureur du roy qu’il y a environ dix jours que Dame Elisabeth de Coursillon femme de Frédric Suzannet, escuier, sieur de la Forest et dudit lieu de La Jaudouïnière lui a fait présenter et mettre… une opposition par elle formée passée par Bofine et Bouet notaires dudit lieu de la Jaudouïnière, par lequel ladite Dame déclare qu’elle s’oppose à ladite démolition pour les causes portées par ledit acte duquel ledit sieur Froment aiant eu lecture et communication a dit et soutenu que ces prétendus moiens sont de nul effet et considération pour empescher ladite démolition, ce que ladite Dame et ceux de la R.P.R. ont reconnu eux-mesmes aiant fait commencer ladite démolition, fait porter la chaire et les sièges comme il a été dit ci-dessus, et nous est apparu et partant nous a requis de faire procéder et travailler à l’abat et démolition dudit temple, à quoi ledit Procureur du roy s’est joint, dont nous avons actroié acte aux parties et ordonné qu’il sera présentement travaillé à l’abat et démolition dudit temple. A l’instant avons fait travailler à ladite démolition et s’estant les curiers mis à la besogne et démolition des quatre murailles et des ailes de la charpente du temple.

S’est comparu M. Zacharie BAR, ministre de la R.P.R. dudit lieu lequel nous a requis et remontré que le restant de la charpente ne pouvoit estre remué et démonté sans péril, ou sans une perte totale d’icelle, et a promis et s’est obligé de le faire démolir et démonter incessamment et que ledit sieur Froment, ensemble ledit Procureur du roy, ont déclaré ne vouloir persister, moiennant que ladite démolition et celle de la charpente se fasse dans trois jours, faute de quoi il a protesté de le faire aux frais dudit BAR et des autres de la R.P.R. et nous sommes retirez dans la salle dudit lieu après avoir congédié lesdits ouvriers que nous avons taxez savoir : aux quatre tailleurs de pierres pour deux journées à chacun trois livres et aux autres chacun pour pareilles journées quarante sols et ordonné que ledit acte d’opposition de ladite Dame de Coursillon demeure joint aux présentes pour y avoir recours et ce fait, nous sommes à cheval et venus coucher au bourg de La Caillère.

Signé : Froment, Collardeau et De Maurienne « .

( ce texte est extrait des Mémoires de la Société  de Statistiques, Sciences, Lettres et Arts des Deux-Sèvres ).

 

CE TEXTE A ETE PUBLIE DANS LE BULLETIN PAROISSIAL DE LA JAUDONNIERE AU COURS DE L’ANNEE 1965 PAR L’ABBE BENOIT ROBIN, CURE, SOUS LE TITRE "APPRENONS A CONNAITRE NOTRE PAYS"

(à suivre ...) 

Charles Antoine Verly - dans Relevé d'archives
commenter cet article